Affichage des articles dont le libellé est La foi chrétienne avec des mots simples. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est La foi chrétienne avec des mots simples. Afficher tous les articles

mercredi 16 novembre 2016

Impossible qu’il y ait une vie après !

Il était une fois, dans le ventre d’une femme, deux bébés qui discutaient :
– Et toi, tu crois vraiment qu’il y a une vie après la naissance ?
– Oui, je le crois. Pour le moment, ce que nous sommes ici prépare ceux que nous serons plus tard.
– Balivernes ! Il n’y a pas de vie après la naissance. Et selon toi, à quoi ressemblerait cette vie ?
– Je ne sais pas exactement, mais je suppose qu’il y aura davantage de lumière qu’ici. Peut-être qu’on marchera avec nos pieds et on mangera avec notre bouche.
– N’importe quoi ! Marcher ça n’existe pas. Et manger avec la bouche ? C’est dégoûtant ! C’est le cordon ombilical qui nous nourrit. D’ailleurs, c’est impossible qu’il y ait une vie après la naissance : le cordon ombilical est trop court.
– Vraiment, je suis convaincu qu’il y a quelque chose, qu'il y a un sens à notre présence ici. Simplement, tout sera un peu différent de ce à quoi nous sommes habitués ici.
– Mais il n'y a aucune preuve ! Personne n’en est jamais revenu : après la naissance, la vie est finie. Et qu’est-ce que la vie en fin de compte ? Rien de plus qu'une angoisse prolongée, solitaire, et dans le noir.
– Eh bien, je ne sais pas exactement comment sera notre vie après la naissance, mais une chose est sûre, nous verrons maman et elle prendra soin de nous.
– Maman ? Ne me dis pas que tu crois à maman ! C'est un mythe ! Personne ne l'a jamais vue. 
- Je ne l'ai jamais vue, mais je la sens.
- Et d'après toi elle est où ?
– Où ? Mais elle est partout, autour de nous ! Elle est en nous et nous sommes en elle.  C’est grâce à elle que nous vivons. Et sans elle tout ceci n’existerait pas. Nous ne serions pas là.
– Je n’en crois rien ! Je n’ai jamais vu aucune maman. Et donc pour moi, c’est évident qu’elle n’existe pas !
– Eh bien, parfois lorsque tout est silencieux, on peut l’entendre chanter. On peut sentir quand elle caresse notre monde. Je suis certain qu’une autre vie nous est promise et que nous ne pouvons même pas imaginer les merveilleuses couleurs de la vie, l’intelligence des animaux, la douceur des matières, les odeurs bonnes et mauvaises, les cris stridents, les mélodies harmonieuses, la saveur des fruits et des bons petits plats, la beauté de l’âme humaine... et sa noirceur aussi…, les sentiments, les raisonnements, et l’humaine Parole.

                                    d'après    http://blog.astraldynamics.com/2010/03/14/is-there-life-after-birth/

"Comparaison n'est pas raison..."
Une bien jolie analogie, un rêve, un espoir, auquel il fait bon croire.



ExcellentExcellente parabole illustrant la composante fondamentalement maternelle de l'amour divin.e parabole illustrant la composante fondamentalement maternelle de l'amour divin.


mercredi 24 février 2016

écrire chaque jour une page de vie infiniment précieuse

Pour LilaAZ
24fév

Esprit de Dieu, Feu divin,
Au commencement du monde
pour nous déjà tu planais sur les eaux
ton œuvre créatrice faisait séparation 1

Nous t'en prions, inspire encore nos vies:
Discernant le grain de l'ivraie 2
tu nous arraches à ce qui nous attache,
libérés, nous sommes élevés 3

Rassure-nous devant les épreuves 4
affranchis nos forces créatrices
pour écrire chaque jour une page de vie 
unique, infiniment précieuse

Et nos cœurs chanteront Gratitude
Et nos yeux connaîtront que tu Es 5
Et nos gestes deviendront serviteurs
De nos frères et sœurs blessés




[1] A partir du chaos indistinct, au premier jour, l’œuvre créatrice est séparation.  Genèse chap.1 versets 1-7
[2] Evangile selon St Mathieu chap.13 versets 24-30
[3] Dans le grec des évangiles, le même mot  egeiren  est utilisé pour dire à la fois élevé, relevé, ressuscité. Être relevé c'est être à nouveau suscité. Récréation.
[4] Prière eucharistique
[5] Exode chap.3 verstet 14. « Je suis Celui qui Est »  L’essence de Dieu est à la fois l’Être - l’Amour - la Vie.

mardi 7 mai 2013

Qu’avez-vous à regarder vers le ciel ? Il n'est pas ici.

Durant mes études j’avais été fort impressionné par la théologie d’Irénée de Lyon :
L’incarnation du Christ n’est pas un relèvement de la chute.
Création et incarnation sont un seul et même projet, dès l’origine.

« Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu. »
« La Gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la Gloire de l’Homme c’est de voir Dieu. »

Pas d’autre lieu ni médiation que l’humanité pour chercher Dieu. Un inouï de Dieu. Même les justes ne l’ont pas vu. Il y a là vraiment une révélation.

Voici typiquement ce que je voudrais contester : « Le péché a bloqué le projet divin. L'incarnation vient guérir. » Je voudrais ensuite en tirer les conséquences sur les notions de Rédemption, de Mission, d’Esprit-Saint.



Je dois non m’élever au ciel, mais m’abaisser à la terre.
On n’a pas voulu comprendre la radicalité de l’incarnation, on n’a pas voulu comprendre que Dieu est entré dans la chair, Bérulle nous aide à en percevoir les conséquences : Hommes de Galilée, qu’avez-vous à regarder vers le ciel ? Il n’est pas ici. Il vous précède en Galilée. »

« [Dieu] se fera chair, et la chair est terre en son issue, en sa substance et en son origine […] ce n’est plus le ciel qui régit la terre, mais c’est la terre qui régit le ciel ; et le premier mobile n’est plus ès cieux mais en la terre, depuis que Dieu s’est incarné en terre. […] « Or en ce mystère je dois changer de méthode ; je dois non m’élever au ciel, mais m’abaisser à la terre, car Dieu y est […] Dieu incarné n’est pas au ciel et il est en la terre ; Terre hélas ! qui possède un si grand trésor, et le possède sans le connaître. Puisque Dieu cherche la terre, aime la terre, je veux me convertir maintenant non au ciel, mais à la terre, et y chercher Jésus Christ.»    Pierre de Bérulle



Rédemption, Salut
Si l’incarnation a sa source non dans la chute mais dans le projet de Dieu, alors qu’est ce que la rédemption ? Ce n’est ni un rachat ni une rançon ; ce n’est plus sauver l’Homme du mauvais, c’est un compagnonnage amoureux, une élévation de l’Homme, au dessus du mal et des humaines errances ?

Comment revisiter les mots : sauvé, salut, rédemption, rançon, rachat, chute, péché originel… Dans St Jean, par exemple, « Ta foi t’a sauvé » se dit de celui qui n’est plus aveugle, qui n’est plus boiteux, qui n’est plus malade… Jésus conteste clairement le lien entre maladie et péché : Qui a péché ?!? Ni lui ni ses parents, mais c’est pour que soit manifestée la Gloire de Dieu. » Il semble que pour St Jean, sauvé ça veut dire egeiren : relevé, suscité, éveillé.

Il faudra alors chercher à expliquer d’où vient le mal. Pas de raison de contester le lien entre le mal et la liberté humaine. Mais de même qu’il fallait que le Christ souffrit pour que soit manifestée la plénitude de la vanité de la haine, de même il fallait que le temps de la création de l’Homme-et-Femme précède celui de l’incarnation, afin que soit manifestée la plénitude de la liberté humaine, image et fruit de la perfection de l’amour créateur.



La mission change elle aussi de perspective. La Mission, c’est d’aller dire à tous qu’il n’y a rien à craindre de Dieu. C’est une annonce libératoire … La Mission, c’est aller dire qu’on nous aura menti, que Dieu n’est pas ce que vous croyez, Dieu ne se fait pas juge, et Christ vient révéler ça, on n’est plus dans une théologie de la rétribution. Vous n’avez désormais plus à vivre selon la Loi mais selon la Grâce. N’ayez pas peur. Il n’y a pas de condamnation. « Je ne suis pas venu pour juger, … mais pour que vous ayez la vie en abondance. »

La mission est un envoi, parce que, de même que Dieu crée, se manifeste et se révèle en sortant de lui-même, de même l’humain, qui se révèle dans l’envoi, dans la sortie. Dieu se révèle en envoyant son fils. Et le fils comprend qui il est, en étant envoyé.
Le fait d’être envoyé, c’est ça qui nous révèle ce que nous sommes. L’envoi est une étape de révélation. Et cette révélation manquera si nous ne faisons pas cet effort de sortir vers « ces rencontres qui nous transforment »

Il y a donc un lien fort entre mission et envoi. La Mission ne consiste pas en un témoignage mais en un envoi. Et en effet, le pape François, nous invite à aller aux périphéries de l’existence et de la société. Sortie de soi, aller chez l’autre,



L’Esprit Saint procède lui aussi de l’incarnation. L’Esprit murmure depuis les situations humaines. Il est résidance de Dieu en nous (habitation, demeuration). Cette demeuration fait de l’Homme un temple de Dieu.
L’incarnation est donc à la fois Chair et Esprit.

Or Saint Paul oppose Esprit et Chair (Sarx, contingence, régime de la Loi, pâte humaine). La chair, c’est la condition de l’Homme sans l’Esprit. L’œuvre néfaste de la Chair, c’est la peur.
Pour Paul, vivre selon la « chair » équivaut à se remettre sous la Loi.
Loi et peur ont partie liée. La Loi cause la perte de l’Homme. Car l’ennemi de la Foi, ce n’est pas le doute, mais la peur. L'opposition entre Chair et l'Esprit est liée à l'opposition entre la Loi et la Foi.

C’est l’Esprit qui vivifie en nous la Ressemblance, et nous fait désirer d’agir par amour. Il nous permet de voir la détresse de l’autre, il suscite la compassion. Il nous fait percevoir les appels de Dieu et du Monde. Lorsque nous écoutons les appels de l’Esprit, nous discernons l’attitude juste, les justes combats ; nos décisions sont éclairées.

L’Esprit est un défenseur, un avocat. Au contraire, le diabolo - le diviseur – nous divise entre nous, et nous divise à l’intérieur de nous-mêmes. Nous ne savons plus choisir selon la ressemblance, selon l’unité, mais nous choisissons sur le mode séparé, égoïste, sur le mode de la défense du territoire, comme l'animal. L’accusateur sape la confiance en l’autre et la confiance en soi. Le défenseur au contraire, murmure « ne crains pas, l’accusateur n’a sur toi aucun autre pouvoir que ceux que tu lui cèdes. »

mardi 19 février 2013

La recherche commune de la Mission de France


Dans le journal intime de Cécile
- Ah ! tu es de la Mission de France ?
- C’est les prêtres ouvriers, c’est ça ?
- Ça existe encore ??
- Mais puisque tu n’es pas prêtre, tu y fais quoi ?
- La quoi ??  la coresponsabilité missionnaire ??  Alors tu es une missionnaire ??  Tu essayes de convertir les gens sur ton lieu de travail ?

Non, je n’essaye pas de convertir les gens sur mon lieu de travail. Mais si au moins je pouvais être une femme du seuil : le pied dans la porte, pour empêcher que le monde ne ferme la porte sur Dieu… Au bureau, on ne parle presque jamais de Dieu, sauf pour savoir ce qu’on a le droit de manger en période de Carême. Ça me déprime d’entendre l’étroitesse de ces allusions. Dieu n’a-t-il de place que dans des prescriptions alimentaires ?  Pauvre Dieu… tant d’amour incompris…
On s’est mis à réfléchir en équipe, en région. On nous a envoyé un fascicule pour la Recherche Commune, le premier d’une série de trois. Ça commence avec un travail de mémoire sur nos situations concrètes. Il s’agit de raconter, de partager, de réfléchir, de discerner.  Ensuite on cherche des échos dans des textes, des vidéos, des œuvres d’art, des chansons, des poèmes, des témoignages… ils ont proposé plein de pistes pour « nourrir » la réflexion. 
Le sujet n’est pas facile. Ils appellent ça « Porter la Question de Dieu ».  Ils me font rire avec leurs expressions. Comme si on pouvait porter la question de Dieu... En réalité, elle pèse plus lourd qu’on ne croit, la question de Dieu.  Il faut sans cesse la relever. Elle est bien souvent au sol, ignorée, ou même piétinée. 
Ça me surprend toujours.  Dieu est ignoré la plupart du temps, sauf quand il arrive un malheur.  Et alors c’est l’accusation. A l’association Familles Monoparentales, elles me disent : « Si Dieu existe, pourquoi n’a-t-il pas empêché tout ça ? Tu prétends que Dieu nous aime, alors pourquoi il nous arrive tous ces malheurs ? » Elles prennent Dieu pour une assurance-vie.  J’essaye de leur dire « Dieu n’est pas ce que vous croyez », mais ensuite elles me demandent : « Alors Dieu c’est qui, c’est quoi ? » Et généralement au bout de deux minutes on ne m’écoute plus.  C’est plus facile de dire ce que Dieu n’est pas, que de dire ce que Dieu est pour moi.
Ils ont fait un site internet, une « plateforme » comme ils disent, avec des ressources multiples, des voix du monde, les voies des marcheurs de Dieu.  Moi qui ne suis pas trop à l’aise avec internet, je ne sais pas comment je vais accéder à toutes ces ressources. Je demanderai à ma petite voisine de m’aider.
Je ne suis pas trop à l’aise non plus pour écrire… alors je me suis dit que j’allais me faire interviewer par mon beau-frère : je raconte - il note des choses - il m’interrompt si c’est pas clair - et à la fin on reprend ses notes pour écrire quelque chose. 
En équipe, on a repris les récits de chacun. C’était très riche et intéressant. Ça nous fait découvrir une incroyable diversité de façons de « porter la question de Dieu ».  Et de là, on a regardé les dix voies possibles, qui résonnent avec notre expérience.  On s’aperçoit que ça nous fait dialoguer avec l’expérience de certains grands spirituels, et même avec le récit biblique ! Pour moi, je me suis trouvée tellement proche du philosophe Compte-Sponville !  Et j’ai été beaucoup inspirée par la chanson Toi que l’on n’homme pas de Jean-Louis Aubert.
Ensuite on s’est mis à rédiger une « contribution » pour l’envoyer à la Mission de France.  Ils en feront ce qu’ils voudront. On a essayé de faire bref et synthétique. Certains d’entre nous ont voulu envoyer leur propre texte, parce qu’il était court.  Ça permettra à l’équipe de pilotage de la Recherche Commune de rebondir sur ce qu’on leur envoie, pour engager l’étape suivante.
Tout ça c’est du travail : pour moi, pour notre équipe, pour le groupe de pilotage. Mais à chaque fois j’en ressors plus éclairée, et désireuse d’aller dire à tous que le Royaume s’est approché de nous.

lundi 14 janvier 2013

Je te prends avec moi, afin que là où je suis, là aussi tu sois.

Certains disent : « Je ne parviens pas à croire, je le souhaiterais mais je n’y parviens pas. » Et à l’occasion de la mort, ils disent encore « J’envie l’espérance des chrétiens, mais je ne peux pas croire à la résurrection. »  Avec la mort de ceux que nous aimons, vient la question : « Où sont-ils maintenant? Les reverrons-nous ? »

Evangile de Jésus Christ selon Saint Jean - Chapitre 14

A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.  Dans la maison de mon Père, beaucoup pourront trouver leur demeure, sinon, est-ce que je vous aurais dit que je pars vous préparer une place ?  Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi; et là où je suis, vous serez aussi. »


« Ne soyez pas bouleversés » dit Jésus.
Mais comment ne pas l’être ?
Voilà qu’au moment où nous sommes dans la peine, nous proclamons un texte qui dit « ne soyez pas bouleversés ».
Est-ce étrange ?
Est-ce nier la réalité de la mort ?

Il s’agit pour nous de mettre la mort à sa place.
Nous n’essayons pas de nier la mort, nous essayons de nous tenir debout, comme des vivants qui acceptent de tenir dans nos deux mains la vie et la mort.
Tenir à la fois la vie et la mort, c’est tenir à la fois notre vulnérabilité et notre grâce.

Car l’humaine nature est passionnante. Elle est extrêmement talentueuse, créative, aimante. Et aussi elle peut être égoïste, agressive, dominatrice, destructrice. Voilà l’humain.
Parfois la race humaine apparaît dans son incroyable noblesse, parfois dans sa misérable vanité.
Entrer dans la maturité de l’expérience humaine nous fait entrer dans cette nuance : en acceptant de poser un regard nuancé, sur l’humain qui n’est ni tout noir ni tout blanc.

En acceptant de tenir dans nos deux mains la grâce et la pesanteur, la présence et la séparation, nous entrons dans la réalité complexe de l’humain, nous acceptons de ne pas simplifier, mais au contraire, nous acceptons que l’instantané n’est pas le tout de notre réalité. Nous choisissons de porter notre regard au-delà de l’immédiat.


Beaucoup d’entre nous disent « je ne parviens pas à croire, je le souhaiterais mais je n’y parviens pas. Et à l’occasion de la mort, disent encore « J’envie l’espérance des chrétiens, mais je ne peux pas croire à la résurrection. »

Pour ceux qui croient en la résurrection, l'existence n'est pas le point final de la vie.
Dieu suscite de nouveau l'être, d'une façon que nous ne savons pas. Dans la foi, nous confessons que le Christ a vaincu la mort, qu'il s'est levé du tombeau, premier-né d'une multitude.
Mais comment s’en convaincre si l’on ne peut pas y croire ?

Pour ma part je n’ai pas de certitude,
Je n’ai pas de savoir ferme, pas de preuve, mais seulement un choix,
Le choix de la foi.
Ma foi et bousculée, mais elle cultive en moi le ‘peut-être’

Peut-être que c’est vrai qu’ils ont vu Jésus ressuscité.
Peut-être que c’est vrai que Dieu existe et qu’il appelle les vivants à la confiance, et qu’il nous emmène au delà de notre mort.

Si c’est vrai, alors ça change tout. Ça change le sens de la mort, ça change la perspective de l’existence humaine.
Qu’avons-nous à notre disposition pour douter de la résurrection de Jésus ?
Il faut envisager soit une falsification des témoignages, soit un délire collectif touchant une vingtaine de personnes de l’entourage de Jésus.

C’est possible. C’est possible que ce soit une hallucination collective,
C’est possible aussi qu’une falsification ait pris place dans l’entourage de Jésus. Ce serait d’ailleurs assez cynique qu’ils aient choisi de prêcher par un mensonge un Christ qui est le Chemin, la vérité et la vie.

A l’inverse, il est possible d’accorder foi à leur témoignage.
Peut-être que Oui il s’est levé de la mort, et peut-être que Oui nous sommes promis nous aussi à nous lever de la mort ?

Avec la mort de ceux que nous aimons, vient la question : où sont-ils maintenant? Les reverrons-nous ?
Oui, autre chose est en germe, dont l'heure n'est pas encore venue.

La plus belle analogie est celle de la Chrysalide du papillon. Elle semble morte, recroquevillée. Pourtant il en sortira une beauté jamais imaginée, une légèreté qui n'a aucune commune mesure avec la vie rampante de la chenille.

Autre analogie, celle de la graine et de l’arbre. Il y a une telle démesure entre eux! Mais si la graine ne meurt, comment pourrait-elle pousser et finalement porter du fruit? Tombée en terre, elle disparaît à nos yeux. Mais la vie est à l'œuvre.

Dans cet évangile, Jésus dit : « A nouveau je viendrai – je vous prendrai auprès de moi – afin que là où je suis, vous aussi vous soyez. »
Je vous souhaite, comme je le souhaite à Ariane, d’entendre dès aujourd’hui pour vous cette phrase de Dieu : je te prends avec moi, afin que là où je suis, là aussi tu sois.

samedi 5 janvier 2013

How a shepherd visited us


"There were shepherds, living in the fields, watching over their flocks." (The nativity, in Luke's Gospel) 


Nowadays it is still the case.
I traveled frequently through Africa, Maghreb and Palestine; I saw people watching over a handful of sheep and goats. They were often poor people, often children.

Also in Paris, in the middle of the big city, you find poor shepherds.
Here is how one of them came to my parent’s home, on Christmas eve, and sat at our table, sharing with us the champagne and the foie gras, the oysters and the salmon, in the light of the silver chandelier and of the Christmas tree.

It happened when I was around 25 years of age, I was serving in the civil service because I was a consciencious objector. I refused to serve in the military. I served two years instead of one. I chose to serve in a shelter for street boys, in Paris.

One day I found a boy, Franck. He was sitting and begging at the entrance door of the Galleries Lafayette. He was very young, maybe 20 years old, he was dirty, and obviously homeless. I sat next to him and we began to talk. He was a poor uneducated boy, not handsome, skinny, but he was joyful and had many dreams he wanted to achieve. We talked for a long time. Then I gave him the address of our shelter. Later on, he showed up. I took care of him, He got new clothes from the women in the shelter, got Metro tickets, and got hot meals. And I loved to spend time with him and watch him get better.

Christmas was approaching. At that time, I did not live with my parents any more, but Christmas was a time when we would gather at their home together with my three brothers. I was a little concerned about the selfishness of having, year after year, Christmas Eve just among ourselves. Therefore I asked my parents if we could have Franck invited. They accepted it, although reluctantly.

That night, I brought him. He had never been in a house like ours. He had never known such a dinner. He instantly loved my parents and my brothers. He was so happy !
He was the enlightment of that night.

My brothers had presents for him, and he also had brought presents, very modest, and at the same time very touching. My family remembers that Christmas Eve above all !
The shepherd visited us. He brought us the blessing. When I remember this night, my heart rejoices and sings.

Glory to God in the highest – and peace to his people on earth.

jeudi 5 janvier 2012

Homélie de Noël 2011

Homélie de Noël 2011 - Eglise de Cabriès
Contexte :- à l’adresse des enfants, assis devant moi.- une homélie sur l’incarnation, « Le verbe s’est fait chair » - je tenterai d’éviter ces deux mots bien difficiles.
-
Savez-vous qu’il y a des animaux qui rient, pleurent, utilisent un langage, utilisent des outils ?
Mais alors, qu’est-ce qui est propre aux humains ?
Les animaux aiment aussi, ils ont des sentiments, des peurs.Mais alors, qu’est-ce qui est propre aux humains ?
On dit d’un animal domestique qu’ « il ne lui manque que la parole. »Eh bien voilà : la parole est le propre de l’Homme.
La parole ce n’est pas seulement le fait de parler, ça va bien plus loin !
la parole permet de faire des promesses, enseigner, créer la poésie…
la parole donnée c’est celle qui crée des alliances,
la parole est parfois mot d’amour, parfois insulte,la parole ce sont aussi les livres, les histoires, le théâtre, la télévision,la parole c’est aussi les sciences, les arts, les techniques…
La Parole, c’est le sommet de l’espèce humaine,
c'est la meilleure part des humains, c’est là où l’Homme est au top, là où il est le meilleur.
La parole est le propre de l’homme !
Vous le savez, on dit de Jésus qu’il est la Parole de Dieu :Il est la poésie de Dieu, sa façon d’aimer, son alliance, sa présence.
Jésus est Parole de Dieu, et donc Sommet de la nature humaine.La Parole de Dieu, en cette nuit de Noël, prend vie dans la vie d’un humain, d’abord enfant, puis adolescent, puis adulte.
La parole, c’est ce qui peut construire … mais aussi détruire !Par exemple, qu’est ce qui blesse encore plus profondément qu’une arme, plus qu’une épée, plus qu’un fusil ? C’est la parole qui peut blesser encore plus cruellement, car les paroles blessantes laissent parfois une cicatrice douloureuse.
Mais c’est encore la parole qui peut soigner et guérir mieux que tous les pansements : la parole peut rassurer, réconcilier, pardonner.
Et vous, quel usage faites-vous de votre parole ?Vérité ? mensonge ? rumeurs ? jugements sur les autres ?Ou au contraire, la parole qui bâtit la confiance ?
Et que faites-vous de la parole de l’autre ?On peut tellement apporter de réconfort à l’autre lorsqu’on l’écoute vraiment !
Ce soir la Parole se fait Homme,dans le silence, nous allons contempler cela :la Parole de Dieu vient partager l’aventure humaine.

mardi 21 décembre 2010

Homélie de Noël 2010 – Cabriès-en-Provence

pour enfants et adultes.


Savez-vous quel est le jour de l’anniversaire de Jésus ?
Le jour de noël ? Eh bien non !
Je vais vous raconter pourquoi.

Jésus, on ne sait pas quel jour il est né, alors on a choisi ce jour.
Mais pourquoi le 25 décembre ?
Parce qu’il y a bien longtemps, le 25 décembre, on célébrait la fête du soleil.

C’est le moment de l’année où les jours sont les plus courts.
La nature est brune, les arbres ont perdu leurs feuilles, la terre est froide, on s’inquiète de savoir si les beaux jours vont revenir, et si de nouveau les champs vont porter du blé et des fleurs.
Alors on a inventé la fête du soleil, la fête de la lumière.

Le signe est magnifique. Au moment où les rayons du soleil sont au plus bas de leur déclin, on célèbre son relèvement, car il va progressivement gagner sur la nuit. Le soleil va triompher, manifestant ainsi une nouvelle fois la victoire de la lumière sur les ténèbres.

Or pour nous les chrétiens, c’est Jésus-Christ qui est accueilli comme la lumière qui brille dans les ténèbres, comme le jour qui se lève sur l’humanité.
Jésus est le jour nouveau qui pointe à minuit. Il fait apparaître toute chose dans la lumière de l’amour. Et avec lui, rien n’a besoin de rester caché. Même ce que l’on croyait honteux, la lumière peut en faire une pierre précieuse.



Et savez-vous pourquoi à Noël on se fait des cadeaux ?
Les cadeaux sont une imitation du geste des mages. Les mages sont venus honorer Jésus, parce qu’ils ont reconnu en lui l’envoyé de Dieu. Ces cadeaux sont des signes de respect comme on en fait à une personne de grande importance.
Donc les cadeaux que vous recevez à Noël sont une façon de vous dire que vous avez une grande importance, et si vous faites des cadeaux, c’est la même chose.

Personnellement je regrette que l’on mélange Noël avec toutes ces dépenses dans les magasins. Je préférerais que l’on garde les cadeaux pour un autre jour.
Et comme la fête du Père Noël, c'est-à-dire la fête de Saint Nicolas, c’est le 6 décembre, je préférerais qu’on s’offre des cadeaux ce jour là, et qu’on débarrasse la naissance de Jésus de toutes nos processions vers le Temple de la Consommation.

Savez-vous quels sont les trois cadeaux que les mages ont apportés ?
Ils ont apporté de l’or, de la myrrhe et de l’encens. Vous connaissez ?
L'or, c’est pour reconnaître la royauté de Jésus,
l'encens, c’est pour reconnaître sa divinité,
la myrrhe, c’est pour reconnaître l’incarnation du Messie.



L’incarnation, vous connaissez ce mot difficile ?
L’incarnation ça veut dire que Dieu a choisi de devenir un humain, par amour pour les hommes et femmes, pour se rendre présent, pour qu’on puisse l’écouter, marcher avec lui, être guéri par lui.
L’incarnation ça veut dire que Dieu a choisi de devenir un humain, pour affronter le mal et pour que le péché soit cloué sur la croix.
L’incarnation ça veut dire que Dieu a épousé la condition humaine.
Oui, épousé. Dieu se fait l’époux des hommes et femmes, par amour.

Et le plus beau cadeau de noël, c’est celui-là,
c’est Dieu qui se donne lui-même,
c’est Dieu qui se donne à nous.
Le plus beau cadeau, il nous est fait ce soir.

mercredi 28 juillet 2010

Le désir comme grâce de Dieu

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas »
Qu’est-ce qui peut séparer ce que Dieu a uni ? le manque de dialogue ? La soif de pouvoir et de domination sur l’autre ? La projection de soi dans nos réalisations, par exemple dans le travail ? Pour y répondre, c’est plutôt à ceux qui ont été mariés depuis des années de le faire : eux ils savent quelles ruines ils ont frôlé, et comment ils les ont traversées.

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas »
Mais après tout, pourquoi ne pas séparer ce que Dieu a uni ? Tant de gens se séparent ! Qu’y a-t-il de si important dans ce que nous célébrons aujourd’hui ?

Le livre biblique du Cantique des Cantiques met en scène le désir entre un homme et une femme, la recherche éperdue de l’être aimé. Peut-être que nous pouvons y trouver des réponses ?
Le Cantique chante l’infinie beauté des retrouvailles, la souffrance du désir, pour lequel il n’y a aucun assouvissement définitif. C’est un texte d’amour, où le nom de Dieu n’est jamais mentionné, c’est un livre assez marginal à cause de sa forme et son contenu. Y est exprimée l’égalité du désir amoureux chez l’homme et chez la femme. Ce n’est pas l’histoire d’un homme qui désire posséder une femme, c’est un va et vient entre l’homme et la femme, entre le désir de l’un et le désir de l’autre.
Le côté religieux est balayé, il y a simplement un couple qui s’aime, sans visée de procréation, ni de mariage pour l’éternité. Dans ce texte de huit pages sur les 2500 pages que contient la bible, pas de prescriptions, ni de lois humaines; les autres pages sont pleines de Dieu, d’histoire, de lois et de mythes ; ici, rien de tout cela...

Certains maîtres du Talmud se sont battus pour maintenir le Cantique dans la bible, comme Rabi Aqiba, qui est un grand mystique juif de la fin du premier siècle. Et de même chez les chrétiens. Jusqu’à Calvin qui a vivement défendu l’introduction du Cantique dans le canon protestant.
Pourquoi cette polémique autour de ce texte ?
Peut-être à cause de la gène de livrer ces images sensuelles. De nombreux commentateurs ont cherché à en adoucir le contenu, leurs interprétations sont des métaphores: ces bouches ne sont pas des bouches, et ces jambes ne sont pas des jambes, non, ce sont des métaphores, le Cantique parle du bon Dieu et de Jésus-Christ ! On peut y lire le chant d’amour de l’âme dans son élévation vers Dieu, on peut y lire aussi le chant de l’alliance entre Israël et Dieu, ou encore y reconnaître les époux que sont le Christ et l’Eglise.

Et en effet, les hommes ont souvent utilisé des métaphores sexuelles pour qualifier la mystique. Pourtant, il faut bien reconnaître que ce texte évoque la part la part de l’homme la plus intime, celle qui le traverse et qui le dépasse ; le désir. Et quoi qu’il en soit, le désir n’est jamais condamnable, il est noble.
Mais il doit être cadré pour ne pas être vécu comme une aliénation. Le désir humain est à l’origine de bien des dépassements, il peut même conduire à se passer de Dieu.

L’un des grands mystiques du soufisme, Ibn Arabi au XIIème - XIIIème siècle pose la question du désir, aussi bien de l’homme pour la femme, que du spirituel pour son Dieu.
En pèlerinage à la Mecque Ibn Arabi tomba éperdument amoureux d’une jeune femme persane, et cet événement de sa vie lui révéla que le désir en nous est un reflet du désir d’absolu. C’est de ce désir fou qu’il découvre le visage ultime du double désir de l’homme pour son Dieu, comme de Dieu pour sa créature.
Pour Ibn Arabi, il n’y a pas de séparation entre désir humain et désir vis-à-vis du divin, il y a une unité, peut-être même une unicité profonde du désir. Le désir fondamental n’est autre que le désir divin, et le désir du fidèle n’est autre au fond que le désir de Dieu s’épanchant, se donnant dans la création.

Or qu’est ce que désirer ? Etymologiquement, la racine latine de ce mot c’est dé-siderare, (sidus, l’astre). Désirer c’est à dire avoir perdu son étoile, regretter l’absence de l’astre. Un manque qui donne la mesure de Dieu, de l’infini. Voilà une étymologie qui exprime que tout désir humain trouve sa source dans le manque même de l’absolu, et qui exprime aussi que celui qui est éperdu d’amour et de désir… est un pauvre ! Et cette pauvreté de l’homme est ontologique, elle est irrémédiable, inversement, la plénitude de l’être, c’est ce qui fonde la Seigneurie divine. En sorte que, pour Ibn Arabi, le désir, c’est ce qui, dans l’essence de l’homme, exprime le plus authentiquement la réponse à l’acte créateur.
Ce qui est à la portée du désir, c’est la manifestation de Dieu dans la personne aimée. Elle n’est pas le Dieu caché, mais elle devient, dans l’expérience amoureuse le dévoilement du Dieu personnel. En sorte que l’amour est alors un acte de sainteté, on pourrait dire que quand un couple s’unit, Dieu est là. Ainsi, le mouvement amoureux c’est ce qui sauve l’homme parce qu’il le fait entrer dans l’expérience de Dieu. Le désir et l’amour sont alors vus comme une expérience de rédemption.

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. »
Le mariage est appelé à exprimer tout ce que l’on porte comme désir et amour, et à refléter le désir et l’amour divins. Refléter ce n’est pas assez, le mariage est appelé non seulement à l’expression mais même à l’incarnation de l’amour divin. Cette union est Icône de l’Alliance Eternelle, elle est temple saint, où Dieu fait sa demeure.
Votre mariage ne vous appartient pas, vous en êtes responsables mais il ne vous appartient pas, et c’est peut-être la raison pour laquelle c’est un acte public. Votre mariage vous dépasse, il engage d’abord vous, mais il n’engage pas que vous ; d’autres s’engagent, et Dieu lui-même s’engage. Votre mariage est un voyage, charnel et spirituel.
Qu’il soit un acte de sainteté !

mercredi 21 juillet 2010

« Je ne parviens pas à croire »

« Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Ce que vous l'avez fait à l'un de ces petits de mes frères et soeurs, c'est à moi que vous l'avez fait. »

Dans cette histoire, il y a des gens qui ont pris soin des autres lorsqu’ils étaient fragiles, malades, affamés… Et tout d’un coup Jésus leur dit Merci.
Alors ils répondent : pourquoi tu dis merci ?
Parce que ce sans le savoir, le bien que vous avez fait à tous ces gens, c’est à moi que vous l’avez fait. Et Jésus rend hommage à tous ceux qui, sans le savoir, l’ont accueilli, visité, nourri.

Beaucoup d’entre nous disent « je ne parviens pas à croire, je le souhaiterais mais je n’y parviens pas. » Et à l’occasion de la mort, disent encore « j’envie l’espérance des chrétiens, mais je ne peux pas croire à la résurrection. »

Pour ceux qui croient en la résurrection, l'existence n'est pas le point final de la vie.
Dieu suscite de nouveau l'être, d'une façon que nous ne savons pas. Dans la foi, nous confessons que le Christ a vaincu la mort, qu'il s'est levé du tombeau, premier-né d'une multitude.

Mais comment s’en convaincre si l’on ne peut pas y croire ?

Pour ma part je n’ai pas de certitude,
Je n’ai pas de savoir ferme, pas de preuve, mais seulement un choix,
Le choix de la foi.
Ma foi et bousculée, mais elle cultive en moi le "peut-être".

Peut-être que c’est vrai qu’ils ont vu Jésus réssuscité.
Peut-être que c’est vrai que Dieu existe et qu’il appelle les vivants à la confiance, et qu’il nous emmène au delà de notre mort.

Si c’est vrai, alors ça change tout. Ça change le sens de la mort, ça change la perspective de l’existence.

Qu’avons-nous à notre disposition pour douter de la résurrection de Jésus ?
Il faut envisager soit une falsification des témoignages,
soit un délire collectif touchant une vingtaine de personnes de l’entourage de Jésus.

C’est possible.
C’est possible que ce soit une hallucination collective,
C’est possible aussi qu’une falsification ait pris place dans l’entourage de Jésus. Ce serait d’ailleurs assez cynique qu’ils aient choisi de prêcher par un mensonge un Christ qui est "le Chemin, la vérité et la vie".

A l’inverse, il est possible d’accorder foi à leur témoignage.
Peut-être que Oui il s’est levé de la mort, et
peut-être que Oui nous sommes promis nous aussi à nous lever de la mort ?

Oui, autre chose est en germe, dont l'heure n'est pas encore venue.
La plus belle analogie est celle de la Chrysalide du papillon. Elle semble morte, recroquevillée. Pourtant il en sortira une beauté jamais imaginée, une légèreté qui n'a aucune commune mesure avec la vie rampante de la chenille.
Autre analogie, celle du gland et du chêne. Il y a une telle démesure entre eux! Mais si la graine ne meurt, comment pourrait-elle pousser et finalement porter du fruit? Tombée en terre, elle disparaît à nos yeux. Mais la vie est à l'œuvre.

"Ce que vous l'avez fait à l'un de ces petits de mes frères et sœurs, c'est à moi que vous l'avez fait."
Il y a des actes que nous faisons, qui engagent l’éternité.
Jésus dit que la façon dont nous acceptons une fraternité avec les plus vulnérables d’entre nous, engage l’éternité.
Venez, héritez de ce que Dieu a préparé pour vous depuis la création du monde.

L’une des qualités célèbres de Françoise, c’était sa capacité, dans son travail, à tisser des liens avec tous, sans distinction de position sociale, depuis le magasin jusqu’à la direction. Il me semble que Jésus fait allusion à cette capacité à tisser des liens avec tous, sans distinction de position sociale.
Il me semble qu’à Françoise aussi, Jésus dit : « Viens ma bien aimée – reçois en héritage cette fraternité universelle en germe depuis la fondation du monde ».

La longue maladie de Françoise nous a préparés à cette séparation. C’est n’est pas plus facile pour autant.

Je voudrais vous inviter maintenant à entrer dans le temps du Merci. C’est le sens de cette eucharistie que nous allons célébrer. Eucharistie est mot grec qui signifie Grand Merci.
Merci pour Françoise, pour tout ce que nous avons reçu dans sa compagnie, merci pour sa vie, merci de nous l'avoir donnée.

Un roc pour y bâtir sa maison

Pour un mariage.
Un commentaire de l’Evangile de Mathieu (7,21. 24-29)

Comme les disciples étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait:
« Il ne suffit pas de me dire 'Seigneur, Seigneur !' pour entrer dans le Royaume des cieux, mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux.
« Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s'est abattue sur cette maison; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.
« Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison; la maison s'est écroulée, et son écroulement a été complet. »




Marion et Félix,

vous avez choisi ce texte : bâtir sur le roc
On comprend que ce texte aborde une question qui vous concerne : bâtir sur le roc votre histoire, votre foyer, votre avenir.

Au risque de vous surprendre, je voudrais démentir certaines interprétations de ce texte
Quel est ce roc sur lequel bâtir ?
L’amour ? la volonté de Dieu ?
La fidélité, le respect ?

Sur quel roc allons-nous bâtir notre vie ?
On cherche un roc solide, immuable, qui n’est pas érodé par le temps.
On se tourne vers Dieu parce qu’on a l’idée qu’il réside en Dieu la solidité à l’épreuve du temps. Parce qu’on se dit que Dieu-l’Eternel, est une garantie contre l’érosion.

Il y a des rocs qui se révèlent plus fragiles, plus friables que prévu.
Ceux qui sont ici l’ont peut-être expérimenté.
Certains couples se sont unis avec la certitude que leur amour ne faiblirait pas. Mais l’amour se transforme, vous le savez mieux que moi. Et il est assez rare que la Passion amoureuse se prolonge. C’est donc autre chose qui sert de roc ?

Laissez-moi poser la question à ceux qui sont plus avancés en âge :
Sur quel roc avez-vous fondé votre vie ?
sur le roc de l’amour ? de la fidélité ? du travail ? de l’éducation des enfants ? des valeurs qui sont les vôtres ?
Certains rocs ne tiennent pas le coup. Ils se révèlent factices, trompeurs.
La palme du roc trompeur, c’est l’argent, qui est un trompeur bien connu. Mammon, le dieu Argent, dieu trompeur.
Tout le monde sait cela, et on a bonne presse à dénoncer la course à l’argent, à l’apparence.

Ces rocs trompeurs, la bible les appelle idoles.
Ne vous fondez pas sur des idoles, car votre barque sombrerait…

Est-ce de cela que Jésus parle dans cet évangile ? Je ne crois pas.
Il n’est pas dans les habitudes de Jésus d’avoir des interprétations moralisantes.

Mais alors rebondit encore la question que pose ce passage de l’évangile de Matthieu :
« que faut-il faire pour bâtir sa vie sur le roc, pour entrer dans le royaume des cieux ? »

Jésus répond.

"Cette parole que je vous dis, mettez-la en pratique."
Quelle parole ? Qu’est-ce qu’il a dit précisément ?
on aurait envie de repasser l’enregistrement pour réécouter.

"Tout homme qui met en pratique la Parole… "
Quelle parole ? la parole de Dieu ? la loi ? les commandements ?
non, pas la parole de Dieu,
mais tout simplement la parole…
La parole, l’échange, la verbalisation, voilà le roc.
Se parler, se dire les choses en face, se dire les choses avec respect,

"Tout homme qui met en pratique la Parole… "
Ce qui est inhumain, c’est de ne pas parler. Vous le savez dans vos couples, dans vos familles, dans votre travail : ce qui est inhumain c’est de ne pas se parler, de ne pas se dire les choses, de ne pas faire de l’autre un interlocuteur.
Elles sont là les plus grandes blessures que nous nous infligeons les uns aux autres, dans le manquement à la Parole.
Soit par le mensonge,
soit plus simplement par l’omission de parole.
C’est bâtir sa maison sur le sable que de s’habituer à pratiquer le manquement à la parole.
La Parole est ce roc. La parole qui entre nous se modifie, évolue,
la parole, au début est amoureuse,
puis elle se transforme,

Nous cherchions un roc indestructible, résistant à l’érosion, nous aurions voulu annuler le temps,
et voilà qu’avec le Christ, ce qui est résistant, ce n’est pas ce qui est immuable, mais ce qui s’adapte, qui vit, qui bouge, qui évolue. C’est la Parole.

Devenir des êtres de parole, je crois que c’est cela que nous dit Jésus :
"Tout homme qui met en pratique la Parole… "
est comme un homme prévoyant qui a bâti sur le roc.

Vous connaissez le proverbe :
le rire est le propre de l’homme
je conteste ce proverbe
le propre de l’homme ce n’est pas le rire,
le propre de l’homme c’est la Parole !!

La bible le sait bien, elle qui dit au prologue de l’évangile de Saint Jean :
"Au commencement était le Verbe – la Parole"
et le Verbe était Dieu.
et au livre de la Genèse :
"Homme et Femme il les créa, à l’image de Dieu il les créa."
Je crois que la bible nous dit que la Parole est l’essence de l’humain : nous autres, humains, sommes de nature verbale.

Bâtir sur le roc c’est bâtir sur cette nature qui est la nôtre : la parole.
Et vous, quelle usage faites-vous de la parole ?

Marion, Félix, je vous invite donc à bâtir sur le roc de la parole ajustée, à rechercher entre vous la justesse de la parole.

lundi 22 février 2010

Pourquoi veux-tu être baptisé ?

Ce texte est un projet de lettre pour un garçon de dix ans qui voudrait demander le baptême. Et il faut que je lui explique un peu de quoi il s'agit. Vos remarques et critiques m'aideront.

Bonjour Zéphir,
puisque tu souhaites demander le baptême, je vais te raconter la démarche de Marin, qui a juste un an de plus que toi. Ma cousine Sophie et son mari Olivier ont trois enfants. Marin, leur fils ainé, a dix ans. Il souhaite être baptisé. C'est une surprise pour ses parents qui ne vont jamais à l'église.
Ils lui demandent : pourquoi veux-tu être baptisé ?
- Parce que je crois en Dieu !
- Mais qu'est-ce que cela va t'apporter ?

Baptiser, ça vient du mot grec baptizo qui veut dire être plongé.
Le baptême c’est l’entrée dans la vie chrétienne. C'est comme si on était plongé dans l'eau de Dieu : Dieu serait l'eau. L'eau qui fait pousser les plantes, l'eau qui lave, l'eau qui éteint le feu destructeur, l'eau qui porte les bateaux pour aller de l'autre côté du monde, l'eau qui fait tourner le moulin pour transformer le grain en farine, et les olives en huile. On peut trouver beaucoup de comparaisons entre Dieu et l'eau pour exprimer que Dieu donne la vie, qu'il habite en nous pour que la vie se développe, et pour empêcher que le feu du mal vienne brûler la vie.
Vous aussi, essayez de trouver des comparaisons.

Pour recevoir le Baptême, il faut le demander d'un cœur sincère. Marin, en étant baptisé, deviendra membre de la famille chrétienne qu'on appelle l'Eglise. La famille chrétienne, ce sont les chrétiens d'aujourd'hui, de toutes les couleurs de peau, de toutes les langues de la terre, et ceux qui ont vécu avant nous et sont morts maintenant, et ceux qui vivront après nous. Marin recevra en lui l'Esprit Saint ou Esprit de Dieu, qui est comme un germe de vie et de liberté. C'est comme une sensibilité intérieure pour choisir librement de vivre selon l'amour de Dieu et des autres.

Marin souhaite avoir de plus en plus la Foi. Qu'est-ce que ça veut dire ? La foi est un mot qui vient du latin fides. Ça veut dire en même temps la confiance et la fidélité. On peut faire une comparaison avec l'amour d'un homme et d'une femme qui décident de partager leur vie : ils décident de vivre en toute confiance et en toute fidélité.

Puisque Marin a dix ans, c'est lui-même qui a choisit de préparer son baptême en suivant le catéchisme. Il va découvrir que Dieu est parmi nous, il s'appelle Jésus. Il a vécu il y a environ deux mille ans. On l'appelle aussi "Dieu-avec-nous", ou encore "Seigneur Jésus-Christ". Dans la bible, Marin découvrira les évangiles, qui ont été racontés par ceux qui ont suivi Jésus et sont devenus ses disciples. C’est eux qui ont commencé l’Eglise. Ils racontent que le mal a tué Jésus. Pourtant, trois jours après sa mort, Jésus s’est montré à ses disciples. Il leur a montré qu’il est entré dans la vie nouvelle, où le mal ne peut plus rien, car Dieu a vaincu le mal. La vie nouvelle, c’est le Royaume d’Amour. Et ça, c’est vraiment une bonne nouvelle, car ça veut dire que Dieu ne laissera jamais gagner le mal, mais qu’il nous encourage à choisir l’amour.

C’est une tellement bonne nouvelle, que les chrétiens se rassemblent tous les dimanche pour le « grand merci ». Ils se retrouvent à la messe pour apporter à Dieu les merci de tous les humains : merci pour mes parents, merci pour les arbres et les champs de blé, merci pour la nourriture, … chaque personne porte dans son cœur des merci. Et vous, pour quelles raisons voudriez-vous dire merci à Dieu ?

A la messe, Jésus nous donne une nourriture pour vivre toujours selon la Foi, l'Espérance, et l'Amour. Cette nourriture, c’est sa propre vie, la vie de Dieu.

Marin sera baptisé dans la nuit de Pâque.
Le prêtre lui dira :
- Que demandes-tu ?
- Je demande le baptême.
- Crois-tu en Dieu ?
- Oui je crois en Dieu.
Il ne sera pas plongé dans l’eau, mais par trois fois le prêtre versera l’eau sur sa tête : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. »
Le Père, c’est Dieu-qui-crée-la-vie,
le Fils, c’est Jésus-Dieu,
l’Esprit Saint, c’est Dieu-en-nous.