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mercredi 16 novembre 2016

Impossible qu’il y ait une vie après !

Il était une fois, dans le ventre d’une femme, deux bébés qui discutaient :
– Et toi, tu crois vraiment qu’il y a une vie après la naissance ?
– Oui, je le crois. Pour le moment, ce que nous sommes ici prépare ceux que nous serons plus tard.
– Balivernes ! Il n’y a pas de vie après la naissance. Et selon toi, à quoi ressemblerait cette vie ?
– Je ne sais pas exactement, mais je suppose qu’il y aura davantage de lumière qu’ici. Peut-être qu’on marchera avec nos pieds et on mangera avec notre bouche.
– N’importe quoi ! Marcher ça n’existe pas. Et manger avec la bouche ? C’est dégoûtant ! C’est le cordon ombilical qui nous nourrit. D’ailleurs, c’est impossible qu’il y ait une vie après la naissance : le cordon ombilical est trop court.
– Vraiment, je suis convaincu qu’il y a quelque chose, qu'il y a un sens à notre présence ici. Simplement, tout sera un peu différent de ce à quoi nous sommes habitués ici.
– Mais il n'y a aucune preuve ! Personne n’en est jamais revenu : après la naissance, la vie est finie. Et qu’est-ce que la vie en fin de compte ? Rien de plus qu'une angoisse prolongée, solitaire, et dans le noir.
– Eh bien, je ne sais pas exactement comment sera notre vie après la naissance, mais une chose est sûre, nous verrons maman et elle prendra soin de nous.
– Maman ? Ne me dis pas que tu crois à maman ! C'est un mythe ! Personne ne l'a jamais vue. 
- Je ne l'ai jamais vue, mais je la sens.
- Et d'après toi elle est où ?
– Où ? Mais elle est partout, autour de nous ! Elle est en nous et nous sommes en elle.  C’est grâce à elle que nous vivons. Et sans elle tout ceci n’existerait pas. Nous ne serions pas là.
– Je n’en crois rien ! Je n’ai jamais vu aucune maman. Et donc pour moi, c’est évident qu’elle n’existe pas !
– Eh bien, parfois lorsque tout est silencieux, on peut l’entendre chanter. On peut sentir quand elle caresse notre monde. Je suis certain qu’une autre vie nous est promise et que nous ne pouvons même pas imaginer les merveilleuses couleurs de la vie, l’intelligence des animaux, la douceur des matières, les odeurs bonnes et mauvaises, les cris stridents, les mélodies harmonieuses, la saveur des fruits et des bons petits plats, la beauté de l’âme humaine... et sa noirceur aussi…, les sentiments, les raisonnements, et l’humaine Parole.

                                    d'après    http://blog.astraldynamics.com/2010/03/14/is-there-life-after-birth/

"Comparaison n'est pas raison..."
Une bien jolie analogie, un rêve, un espoir, auquel il fait bon croire.



ExcellentExcellente parabole illustrant la composante fondamentalement maternelle de l'amour divin.e parabole illustrant la composante fondamentalement maternelle de l'amour divin.


mercredi 24 février 2016

écrire chaque jour une page de vie infiniment précieuse

Pour LilaAZ
24fév

Esprit de Dieu, Feu divin,
Au commencement du monde
pour nous déjà tu planais sur les eaux
ton œuvre créatrice faisait séparation 1

Nous t'en prions, inspire encore nos vies:
Discernant le grain de l'ivraie 2
tu nous arraches à ce qui nous attache,
libérés, nous sommes élevés 3

Rassure-nous devant les épreuves 4
affranchis nos forces créatrices
pour écrire chaque jour une page de vie 
unique, infiniment précieuse

Et nos cœurs chanteront Gratitude
Et nos yeux connaîtront que tu Es 5
Et nos gestes deviendront serviteurs
De nos frères et sœurs blessés




[1] A partir du chaos indistinct, au premier jour, l’œuvre créatrice est séparation.  Genèse chap.1 versets 1-7
[2] Evangile selon St Mathieu chap.13 versets 24-30
[3] Dans le grec des évangiles, le même mot  egeiren  est utilisé pour dire à la fois élevé, relevé, ressuscité. Être relevé c'est être à nouveau suscité. Récréation.
[4] Prière eucharistique
[5] Exode chap.3 verstet 14. « Je suis Celui qui Est »  L’essence de Dieu est à la fois l’Être - l’Amour - la Vie.

mardi 7 mai 2013

Qu’avez-vous à regarder vers le ciel ? Il n'est pas ici.

Durant mes études j’avais été fort impressionné par la théologie d’Irénée de Lyon :
L’incarnation du Christ n’est pas un relèvement de la chute.
Création et incarnation sont un seul et même projet, dès l’origine.

« Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu. »
« La Gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la Gloire de l’Homme c’est de voir Dieu. »

Pas d’autre lieu ni médiation que l’humanité pour chercher Dieu. Un inouï de Dieu. Même les justes ne l’ont pas vu. Il y a là vraiment une révélation.

Voici typiquement ce que je voudrais contester : « Le péché a bloqué le projet divin. L'incarnation vient guérir. » Je voudrais ensuite en tirer les conséquences sur les notions de Rédemption, de Mission, d’Esprit-Saint.



Je dois non m’élever au ciel, mais m’abaisser à la terre.
On n’a pas voulu comprendre la radicalité de l’incarnation, on n’a pas voulu comprendre que Dieu est entré dans la chair, Bérulle nous aide à en percevoir les conséquences : Hommes de Galilée, qu’avez-vous à regarder vers le ciel ? Il n’est pas ici. Il vous précède en Galilée. »

« [Dieu] se fera chair, et la chair est terre en son issue, en sa substance et en son origine […] ce n’est plus le ciel qui régit la terre, mais c’est la terre qui régit le ciel ; et le premier mobile n’est plus ès cieux mais en la terre, depuis que Dieu s’est incarné en terre. […] « Or en ce mystère je dois changer de méthode ; je dois non m’élever au ciel, mais m’abaisser à la terre, car Dieu y est […] Dieu incarné n’est pas au ciel et il est en la terre ; Terre hélas ! qui possède un si grand trésor, et le possède sans le connaître. Puisque Dieu cherche la terre, aime la terre, je veux me convertir maintenant non au ciel, mais à la terre, et y chercher Jésus Christ.»    Pierre de Bérulle



Rédemption, Salut
Si l’incarnation a sa source non dans la chute mais dans le projet de Dieu, alors qu’est ce que la rédemption ? Ce n’est ni un rachat ni une rançon ; ce n’est plus sauver l’Homme du mauvais, c’est un compagnonnage amoureux, une élévation de l’Homme, au dessus du mal et des humaines errances ?

Comment revisiter les mots : sauvé, salut, rédemption, rançon, rachat, chute, péché originel… Dans St Jean, par exemple, « Ta foi t’a sauvé » se dit de celui qui n’est plus aveugle, qui n’est plus boiteux, qui n’est plus malade… Jésus conteste clairement le lien entre maladie et péché : Qui a péché ?!? Ni lui ni ses parents, mais c’est pour que soit manifestée la Gloire de Dieu. » Il semble que pour St Jean, sauvé ça veut dire egeiren : relevé, suscité, éveillé.

Il faudra alors chercher à expliquer d’où vient le mal. Pas de raison de contester le lien entre le mal et la liberté humaine. Mais de même qu’il fallait que le Christ souffrit pour que soit manifestée la plénitude de la vanité de la haine, de même il fallait que le temps de la création de l’Homme-et-Femme précède celui de l’incarnation, afin que soit manifestée la plénitude de la liberté humaine, image et fruit de la perfection de l’amour créateur.



La mission change elle aussi de perspective. La Mission, c’est d’aller dire à tous qu’il n’y a rien à craindre de Dieu. C’est une annonce libératoire … La Mission, c’est aller dire qu’on nous aura menti, que Dieu n’est pas ce que vous croyez, Dieu ne se fait pas juge, et Christ vient révéler ça, on n’est plus dans une théologie de la rétribution. Vous n’avez désormais plus à vivre selon la Loi mais selon la Grâce. N’ayez pas peur. Il n’y a pas de condamnation. « Je ne suis pas venu pour juger, … mais pour que vous ayez la vie en abondance. »

La mission est un envoi, parce que, de même que Dieu crée, se manifeste et se révèle en sortant de lui-même, de même l’humain, qui se révèle dans l’envoi, dans la sortie. Dieu se révèle en envoyant son fils. Et le fils comprend qui il est, en étant envoyé.
Le fait d’être envoyé, c’est ça qui nous révèle ce que nous sommes. L’envoi est une étape de révélation. Et cette révélation manquera si nous ne faisons pas cet effort de sortir vers « ces rencontres qui nous transforment »

Il y a donc un lien fort entre mission et envoi. La Mission ne consiste pas en un témoignage mais en un envoi. Et en effet, le pape François, nous invite à aller aux périphéries de l’existence et de la société. Sortie de soi, aller chez l’autre,



L’Esprit Saint procède lui aussi de l’incarnation. L’Esprit murmure depuis les situations humaines. Il est résidance de Dieu en nous (habitation, demeuration). Cette demeuration fait de l’Homme un temple de Dieu.
L’incarnation est donc à la fois Chair et Esprit.

Or Saint Paul oppose Esprit et Chair (Sarx, contingence, régime de la Loi, pâte humaine). La chair, c’est la condition de l’Homme sans l’Esprit. L’œuvre néfaste de la Chair, c’est la peur.
Pour Paul, vivre selon la « chair » équivaut à se remettre sous la Loi.
Loi et peur ont partie liée. La Loi cause la perte de l’Homme. Car l’ennemi de la Foi, ce n’est pas le doute, mais la peur. L'opposition entre Chair et l'Esprit est liée à l'opposition entre la Loi et la Foi.

C’est l’Esprit qui vivifie en nous la Ressemblance, et nous fait désirer d’agir par amour. Il nous permet de voir la détresse de l’autre, il suscite la compassion. Il nous fait percevoir les appels de Dieu et du Monde. Lorsque nous écoutons les appels de l’Esprit, nous discernons l’attitude juste, les justes combats ; nos décisions sont éclairées.

L’Esprit est un défenseur, un avocat. Au contraire, le diabolo - le diviseur – nous divise entre nous, et nous divise à l’intérieur de nous-mêmes. Nous ne savons plus choisir selon la ressemblance, selon l’unité, mais nous choisissons sur le mode séparé, égoïste, sur le mode de la défense du territoire, comme l'animal. L’accusateur sape la confiance en l’autre et la confiance en soi. Le défenseur au contraire, murmure « ne crains pas, l’accusateur n’a sur toi aucun autre pouvoir que ceux que tu lui cèdes. »

mardi 19 février 2013

La recherche commune de la Mission de France


Dans le journal intime de Cécile
- Ah ! tu es de la Mission de France ?
- C’est les prêtres ouvriers, c’est ça ?
- Ça existe encore ??
- Mais puisque tu n’es pas prêtre, tu y fais quoi ?
- La quoi ??  la coresponsabilité missionnaire ??  Alors tu es une missionnaire ??  Tu essayes de convertir les gens sur ton lieu de travail ?

Non, je n’essaye pas de convertir les gens sur mon lieu de travail. Mais si au moins je pouvais être une femme du seuil : le pied dans la porte, pour empêcher que le monde ne ferme la porte sur Dieu… Au bureau, on ne parle presque jamais de Dieu, sauf pour savoir ce qu’on a le droit de manger en période de Carême. Ça me déprime d’entendre l’étroitesse de ces allusions. Dieu n’a-t-il de place que dans des prescriptions alimentaires ?  Pauvre Dieu… tant d’amour incompris…
On s’est mis à réfléchir en équipe, en région. On nous a envoyé un fascicule pour la Recherche Commune, le premier d’une série de trois. Ça commence avec un travail de mémoire sur nos situations concrètes. Il s’agit de raconter, de partager, de réfléchir, de discerner.  Ensuite on cherche des échos dans des textes, des vidéos, des œuvres d’art, des chansons, des poèmes, des témoignages… ils ont proposé plein de pistes pour « nourrir » la réflexion. 
Le sujet n’est pas facile. Ils appellent ça « Porter la Question de Dieu ».  Ils me font rire avec leurs expressions. Comme si on pouvait porter la question de Dieu... En réalité, elle pèse plus lourd qu’on ne croit, la question de Dieu.  Il faut sans cesse la relever. Elle est bien souvent au sol, ignorée, ou même piétinée. 
Ça me surprend toujours.  Dieu est ignoré la plupart du temps, sauf quand il arrive un malheur.  Et alors c’est l’accusation. A l’association Familles Monoparentales, elles me disent : « Si Dieu existe, pourquoi n’a-t-il pas empêché tout ça ? Tu prétends que Dieu nous aime, alors pourquoi il nous arrive tous ces malheurs ? » Elles prennent Dieu pour une assurance-vie.  J’essaye de leur dire « Dieu n’est pas ce que vous croyez », mais ensuite elles me demandent : « Alors Dieu c’est qui, c’est quoi ? » Et généralement au bout de deux minutes on ne m’écoute plus.  C’est plus facile de dire ce que Dieu n’est pas, que de dire ce que Dieu est pour moi.
Ils ont fait un site internet, une « plateforme » comme ils disent, avec des ressources multiples, des voix du monde, les voies des marcheurs de Dieu.  Moi qui ne suis pas trop à l’aise avec internet, je ne sais pas comment je vais accéder à toutes ces ressources. Je demanderai à ma petite voisine de m’aider.
Je ne suis pas trop à l’aise non plus pour écrire… alors je me suis dit que j’allais me faire interviewer par mon beau-frère : je raconte - il note des choses - il m’interrompt si c’est pas clair - et à la fin on reprend ses notes pour écrire quelque chose. 
En équipe, on a repris les récits de chacun. C’était très riche et intéressant. Ça nous fait découvrir une incroyable diversité de façons de « porter la question de Dieu ».  Et de là, on a regardé les dix voies possibles, qui résonnent avec notre expérience.  On s’aperçoit que ça nous fait dialoguer avec l’expérience de certains grands spirituels, et même avec le récit biblique ! Pour moi, je me suis trouvée tellement proche du philosophe Compte-Sponville !  Et j’ai été beaucoup inspirée par la chanson Toi que l’on n’homme pas de Jean-Louis Aubert.
Ensuite on s’est mis à rédiger une « contribution » pour l’envoyer à la Mission de France.  Ils en feront ce qu’ils voudront. On a essayé de faire bref et synthétique. Certains d’entre nous ont voulu envoyer leur propre texte, parce qu’il était court.  Ça permettra à l’équipe de pilotage de la Recherche Commune de rebondir sur ce qu’on leur envoie, pour engager l’étape suivante.
Tout ça c’est du travail : pour moi, pour notre équipe, pour le groupe de pilotage. Mais à chaque fois j’en ressors plus éclairée, et désireuse d’aller dire à tous que le Royaume s’est approché de nous.

lundi 14 janvier 2013

Je te prends avec moi, afin que là où je suis, là aussi tu sois.

Certains disent : « Je ne parviens pas à croire, je le souhaiterais mais je n’y parviens pas. » Et à l’occasion de la mort, ils disent encore « J’envie l’espérance des chrétiens, mais je ne peux pas croire à la résurrection. »  Avec la mort de ceux que nous aimons, vient la question : « Où sont-ils maintenant? Les reverrons-nous ? »

Evangile de Jésus Christ selon Saint Jean - Chapitre 14

A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.  Dans la maison de mon Père, beaucoup pourront trouver leur demeure, sinon, est-ce que je vous aurais dit que je pars vous préparer une place ?  Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi; et là où je suis, vous serez aussi. »


« Ne soyez pas bouleversés » dit Jésus.
Mais comment ne pas l’être ?
Voilà qu’au moment où nous sommes dans la peine, nous proclamons un texte qui dit « ne soyez pas bouleversés ».
Est-ce étrange ?
Est-ce nier la réalité de la mort ?

Il s’agit pour nous de mettre la mort à sa place.
Nous n’essayons pas de nier la mort, nous essayons de nous tenir debout, comme des vivants qui acceptent de tenir dans nos deux mains la vie et la mort.
Tenir à la fois la vie et la mort, c’est tenir à la fois notre vulnérabilité et notre grâce.

Car l’humaine nature est passionnante. Elle est extrêmement talentueuse, créative, aimante. Et aussi elle peut être égoïste, agressive, dominatrice, destructrice. Voilà l’humain.
Parfois la race humaine apparaît dans son incroyable noblesse, parfois dans sa misérable vanité.
Entrer dans la maturité de l’expérience humaine nous fait entrer dans cette nuance : en acceptant de poser un regard nuancé, sur l’humain qui n’est ni tout noir ni tout blanc.

En acceptant de tenir dans nos deux mains la grâce et la pesanteur, la présence et la séparation, nous entrons dans la réalité complexe de l’humain, nous acceptons de ne pas simplifier, mais au contraire, nous acceptons que l’instantané n’est pas le tout de notre réalité. Nous choisissons de porter notre regard au-delà de l’immédiat.


Beaucoup d’entre nous disent « je ne parviens pas à croire, je le souhaiterais mais je n’y parviens pas. Et à l’occasion de la mort, disent encore « J’envie l’espérance des chrétiens, mais je ne peux pas croire à la résurrection. »

Pour ceux qui croient en la résurrection, l'existence n'est pas le point final de la vie.
Dieu suscite de nouveau l'être, d'une façon que nous ne savons pas. Dans la foi, nous confessons que le Christ a vaincu la mort, qu'il s'est levé du tombeau, premier-né d'une multitude.
Mais comment s’en convaincre si l’on ne peut pas y croire ?

Pour ma part je n’ai pas de certitude,
Je n’ai pas de savoir ferme, pas de preuve, mais seulement un choix,
Le choix de la foi.
Ma foi et bousculée, mais elle cultive en moi le ‘peut-être’

Peut-être que c’est vrai qu’ils ont vu Jésus ressuscité.
Peut-être que c’est vrai que Dieu existe et qu’il appelle les vivants à la confiance, et qu’il nous emmène au delà de notre mort.

Si c’est vrai, alors ça change tout. Ça change le sens de la mort, ça change la perspective de l’existence humaine.
Qu’avons-nous à notre disposition pour douter de la résurrection de Jésus ?
Il faut envisager soit une falsification des témoignages, soit un délire collectif touchant une vingtaine de personnes de l’entourage de Jésus.

C’est possible. C’est possible que ce soit une hallucination collective,
C’est possible aussi qu’une falsification ait pris place dans l’entourage de Jésus. Ce serait d’ailleurs assez cynique qu’ils aient choisi de prêcher par un mensonge un Christ qui est le Chemin, la vérité et la vie.

A l’inverse, il est possible d’accorder foi à leur témoignage.
Peut-être que Oui il s’est levé de la mort, et peut-être que Oui nous sommes promis nous aussi à nous lever de la mort ?

Avec la mort de ceux que nous aimons, vient la question : où sont-ils maintenant? Les reverrons-nous ?
Oui, autre chose est en germe, dont l'heure n'est pas encore venue.

La plus belle analogie est celle de la Chrysalide du papillon. Elle semble morte, recroquevillée. Pourtant il en sortira une beauté jamais imaginée, une légèreté qui n'a aucune commune mesure avec la vie rampante de la chenille.

Autre analogie, celle de la graine et de l’arbre. Il y a une telle démesure entre eux! Mais si la graine ne meurt, comment pourrait-elle pousser et finalement porter du fruit? Tombée en terre, elle disparaît à nos yeux. Mais la vie est à l'œuvre.

Dans cet évangile, Jésus dit : « A nouveau je viendrai – je vous prendrai auprès de moi – afin que là où je suis, vous aussi vous soyez. »
Je vous souhaite, comme je le souhaite à Ariane, d’entendre dès aujourd’hui pour vous cette phrase de Dieu : je te prends avec moi, afin que là où je suis, là aussi tu sois.

samedi 5 janvier 2013

How a shepherd visited us


"There were shepherds, living in the fields, watching over their flocks." (The nativity, in Luke's Gospel) 


Nowadays it is still the case.
I traveled frequently through Africa, Maghreb and Palestine; I saw people watching over a handful of sheep and goats. They were often poor people, often children.

Also in Paris, in the middle of the big city, you find poor shepherds.
Here is how one of them came to my parent’s home, on Christmas eve, and sat at our table, sharing with us the champagne and the foie gras, the oysters and the salmon, in the light of the silver chandelier and of the Christmas tree.

It happened when I was around 25 years of age, I was serving in the civil service because I was a consciencious objector. I refused to serve in the military. I served two years instead of one. I chose to serve in a shelter for street boys, in Paris.

One day I found a boy, Franck. He was sitting and begging at the entrance door of the Galleries Lafayette. He was very young, maybe 20 years old, he was dirty, and obviously homeless. I sat next to him and we began to talk. He was a poor uneducated boy, not handsome, skinny, but he was joyful and had many dreams he wanted to achieve. We talked for a long time. Then I gave him the address of our shelter. Later on, he showed up. I took care of him, He got new clothes from the women in the shelter, got Metro tickets, and got hot meals. And I loved to spend time with him and watch him get better.

Christmas was approaching. At that time, I did not live with my parents any more, but Christmas was a time when we would gather at their home together with my three brothers. I was a little concerned about the selfishness of having, year after year, Christmas Eve just among ourselves. Therefore I asked my parents if we could have Franck invited. They accepted it, although reluctantly.

That night, I brought him. He had never been in a house like ours. He had never known such a dinner. He instantly loved my parents and my brothers. He was so happy !
He was the enlightment of that night.

My brothers had presents for him, and he also had brought presents, very modest, and at the same time very touching. My family remembers that Christmas Eve above all !
The shepherd visited us. He brought us the blessing. When I remember this night, my heart rejoices and sings.

Glory to God in the highest – and peace to his people on earth.

lundi 22 février 2010

Pourquoi veux-tu être baptisé ?

Ce texte est un projet de lettre pour un garçon de dix ans qui voudrait demander le baptême. Et il faut que je lui explique un peu de quoi il s'agit. Vos remarques et critiques m'aideront.

Bonjour Zéphir,
puisque tu souhaites demander le baptême, je vais te raconter la démarche de Marin, qui a juste un an de plus que toi. Ma cousine Sophie et son mari Olivier ont trois enfants. Marin, leur fils ainé, a dix ans. Il souhaite être baptisé. C'est une surprise pour ses parents qui ne vont jamais à l'église.
Ils lui demandent : pourquoi veux-tu être baptisé ?
- Parce que je crois en Dieu !
- Mais qu'est-ce que cela va t'apporter ?

Baptiser, ça vient du mot grec baptizo qui veut dire être plongé.
Le baptême c’est l’entrée dans la vie chrétienne. C'est comme si on était plongé dans l'eau de Dieu : Dieu serait l'eau. L'eau qui fait pousser les plantes, l'eau qui lave, l'eau qui éteint le feu destructeur, l'eau qui porte les bateaux pour aller de l'autre côté du monde, l'eau qui fait tourner le moulin pour transformer le grain en farine, et les olives en huile. On peut trouver beaucoup de comparaisons entre Dieu et l'eau pour exprimer que Dieu donne la vie, qu'il habite en nous pour que la vie se développe, et pour empêcher que le feu du mal vienne brûler la vie.
Vous aussi, essayez de trouver des comparaisons.

Pour recevoir le Baptême, il faut le demander d'un cœur sincère. Marin, en étant baptisé, deviendra membre de la famille chrétienne qu'on appelle l'Eglise. La famille chrétienne, ce sont les chrétiens d'aujourd'hui, de toutes les couleurs de peau, de toutes les langues de la terre, et ceux qui ont vécu avant nous et sont morts maintenant, et ceux qui vivront après nous. Marin recevra en lui l'Esprit Saint ou Esprit de Dieu, qui est comme un germe de vie et de liberté. C'est comme une sensibilité intérieure pour choisir librement de vivre selon l'amour de Dieu et des autres.

Marin souhaite avoir de plus en plus la Foi. Qu'est-ce que ça veut dire ? La foi est un mot qui vient du latin fides. Ça veut dire en même temps la confiance et la fidélité. On peut faire une comparaison avec l'amour d'un homme et d'une femme qui décident de partager leur vie : ils décident de vivre en toute confiance et en toute fidélité.

Puisque Marin a dix ans, c'est lui-même qui a choisit de préparer son baptême en suivant le catéchisme. Il va découvrir que Dieu est parmi nous, il s'appelle Jésus. Il a vécu il y a environ deux mille ans. On l'appelle aussi "Dieu-avec-nous", ou encore "Seigneur Jésus-Christ". Dans la bible, Marin découvrira les évangiles, qui ont été racontés par ceux qui ont suivi Jésus et sont devenus ses disciples. C’est eux qui ont commencé l’Eglise. Ils racontent que le mal a tué Jésus. Pourtant, trois jours après sa mort, Jésus s’est montré à ses disciples. Il leur a montré qu’il est entré dans la vie nouvelle, où le mal ne peut plus rien, car Dieu a vaincu le mal. La vie nouvelle, c’est le Royaume d’Amour. Et ça, c’est vraiment une bonne nouvelle, car ça veut dire que Dieu ne laissera jamais gagner le mal, mais qu’il nous encourage à choisir l’amour.

C’est une tellement bonne nouvelle, que les chrétiens se rassemblent tous les dimanche pour le « grand merci ». Ils se retrouvent à la messe pour apporter à Dieu les merci de tous les humains : merci pour mes parents, merci pour les arbres et les champs de blé, merci pour la nourriture, … chaque personne porte dans son cœur des merci. Et vous, pour quelles raisons voudriez-vous dire merci à Dieu ?

A la messe, Jésus nous donne une nourriture pour vivre toujours selon la Foi, l'Espérance, et l'Amour. Cette nourriture, c’est sa propre vie, la vie de Dieu.

Marin sera baptisé dans la nuit de Pâque.
Le prêtre lui dira :
- Que demandes-tu ?
- Je demande le baptême.
- Crois-tu en Dieu ?
- Oui je crois en Dieu.
Il ne sera pas plongé dans l’eau, mais par trois fois le prêtre versera l’eau sur sa tête : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. »
Le Père, c’est Dieu-qui-crée-la-vie,
le Fils, c’est Jésus-Dieu,
l’Esprit Saint, c’est Dieu-en-nous.