lundi 14 janvier 2013

Je te prends avec moi, afin que là où je suis, là aussi tu sois.

Certains disent : « Je ne parviens pas à croire, je le souhaiterais mais je n’y parviens pas. » Et à l’occasion de la mort, ils disent encore « J’envie l’espérance des chrétiens, mais je ne peux pas croire à la résurrection. »  Avec la mort de ceux que nous aimons, vient la question : « Où sont-ils maintenant? Les reverrons-nous ? »

Evangile de Jésus Christ selon Saint Jean - Chapitre 14

A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.  Dans la maison de mon Père, beaucoup pourront trouver leur demeure, sinon, est-ce que je vous aurais dit que je pars vous préparer une place ?  Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi; et là où je suis, vous serez aussi. »


« Ne soyez pas bouleversés » dit Jésus.
Mais comment ne pas l’être ?
Voilà qu’au moment où nous sommes dans la peine, nous proclamons un texte qui dit « ne soyez pas bouleversés ».
Est-ce étrange ?
Est-ce nier la réalité de la mort ?

Il s’agit pour nous de mettre la mort à sa place.
Nous n’essayons pas de nier la mort, nous essayons de nous tenir debout, comme des vivants qui acceptent de tenir dans nos deux mains la vie et la mort.
Tenir à la fois la vie et la mort, c’est tenir à la fois notre vulnérabilité et notre grâce.

Car l’humaine nature est passionnante. Elle est extrêmement talentueuse, créative, aimante. Et aussi elle peut être égoïste, agressive, dominatrice, destructrice. Voilà l’humain.
Parfois la race humaine apparaît dans son incroyable noblesse, parfois dans sa misérable vanité.
Entrer dans la maturité de l’expérience humaine nous fait entrer dans cette nuance : en acceptant de poser un regard nuancé, sur l’humain qui n’est ni tout noir ni tout blanc.

En acceptant de tenir dans nos deux mains la grâce et la pesanteur, la présence et la séparation, nous entrons dans la réalité complexe de l’humain, nous acceptons de ne pas simplifier, mais au contraire, nous acceptons que l’instantané n’est pas le tout de notre réalité. Nous choisissons de porter notre regard au-delà de l’immédiat.


Beaucoup d’entre nous disent « je ne parviens pas à croire, je le souhaiterais mais je n’y parviens pas. Et à l’occasion de la mort, disent encore « J’envie l’espérance des chrétiens, mais je ne peux pas croire à la résurrection. »

Pour ceux qui croient en la résurrection, l'existence n'est pas le point final de la vie.
Dieu suscite de nouveau l'être, d'une façon que nous ne savons pas. Dans la foi, nous confessons que le Christ a vaincu la mort, qu'il s'est levé du tombeau, premier-né d'une multitude.
Mais comment s’en convaincre si l’on ne peut pas y croire ?

Pour ma part je n’ai pas de certitude,
Je n’ai pas de savoir ferme, pas de preuve, mais seulement un choix,
Le choix de la foi.
Ma foi et bousculée, mais elle cultive en moi le ‘peut-être’

Peut-être que c’est vrai qu’ils ont vu Jésus ressuscité.
Peut-être que c’est vrai que Dieu existe et qu’il appelle les vivants à la confiance, et qu’il nous emmène au delà de notre mort.

Si c’est vrai, alors ça change tout. Ça change le sens de la mort, ça change la perspective de l’existence humaine.
Qu’avons-nous à notre disposition pour douter de la résurrection de Jésus ?
Il faut envisager soit une falsification des témoignages, soit un délire collectif touchant une vingtaine de personnes de l’entourage de Jésus.

C’est possible. C’est possible que ce soit une hallucination collective,
C’est possible aussi qu’une falsification ait pris place dans l’entourage de Jésus. Ce serait d’ailleurs assez cynique qu’ils aient choisi de prêcher par un mensonge un Christ qui est le Chemin, la vérité et la vie.

A l’inverse, il est possible d’accorder foi à leur témoignage.
Peut-être que Oui il s’est levé de la mort, et peut-être que Oui nous sommes promis nous aussi à nous lever de la mort ?

Avec la mort de ceux que nous aimons, vient la question : où sont-ils maintenant? Les reverrons-nous ?
Oui, autre chose est en germe, dont l'heure n'est pas encore venue.

La plus belle analogie est celle de la Chrysalide du papillon. Elle semble morte, recroquevillée. Pourtant il en sortira une beauté jamais imaginée, une légèreté qui n'a aucune commune mesure avec la vie rampante de la chenille.

Autre analogie, celle de la graine et de l’arbre. Il y a une telle démesure entre eux! Mais si la graine ne meurt, comment pourrait-elle pousser et finalement porter du fruit? Tombée en terre, elle disparaît à nos yeux. Mais la vie est à l'œuvre.

Dans cet évangile, Jésus dit : « A nouveau je viendrai – je vous prendrai auprès de moi – afin que là où je suis, vous aussi vous soyez. »
Je vous souhaite, comme je le souhaite à Ariane, d’entendre dès aujourd’hui pour vous cette phrase de Dieu : je te prends avec moi, afin que là où je suis, là aussi tu sois.

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